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En quoi l’art-thérapie se différencie-t-elle de la médiation artistique ?

Sylvie Kablan, art-thérapeute à Paris certifiée CNCP, je m’inscris dans un courant art-thérapeutique orienté vers la psychanalyse.

La médiation, ou l’art et ses vertus thérapeutiques

L’art-thérapie ce n’est pas l’art pour l’art mais plutôt l’art au sens bricolage du terme, pour le soin. Un bricolage psychique singulier.
La médiation artistique, en s’appuyant sur la conviction que l’art a des vertus thérapeutiques, se coupe de la « réalité vivante » du transfert.

Un atelier de création artistique permet au sujet de créer un objet en séance et peut apporter un certain soulagement, des effets thérapeutiques, mais il n’est pas articulé à un processus thérapeutique. Il garde en son sein la solution ce qui implique que le sujet ne cesse de le fréquenter ou de l’idéaliser comme il idéalise l’animateur en tant que référence. Il est là pour colmater le manque en offrant au patient toutes les solutions en séance contrairement à l’art-thérapie qui fait avec le manque. Dans un atelier de médiation, on apprend une technique, un savoir. Il s’agit d’occupationnel et pas de processus thérapeutique. Or, en art-thérapie, justement l’art-thérapeute ne détient aucun savoir sur le patient, il s’abstient de donner des conseils techniques, de rectifier la production du patient car «l’expression subjective n’est pas confondue avec une performance esthétique ». L.P.A.T. (Ligue professionnelle d’art-thérapie) (2012), « code de déontologie de l’art-thérapeute ».

La médiation, avec une technique à apprendre, un but à atteindre

L’art-thérapie se situe plus au niveau du lieu d’émergence de la créativité, proposant au patient une inspiration lui permettant de créer, s’il le souhaite en séance, mais en lui faisant signe que cela se passe hors séance et pas avec lui. C’est une des différences fondamentales entre l’art-thérapie et la médiation artistique, qui elle propose de créer en séance avec une idée de finalité, de but à atteindre. On se situe plus ici dans le domaine de l’enseignement, de l’éducatif et c’est souvent ce qui est demandé par l’institution : « faites peindre les patients », « préparez une exposition pour la fin de l’année ».

L’art-thérapie se veut esquisse, ébauche.

La médiation, là ou` tout se passe en séance

Le processus art-thérapeutique suppose un début, un corps mais surtout une fin. L’atelier artistique ne comporte pas de fin et peut durer indéfiniment. La fin de séance en médiation artistique correspond le plus souvent à la réalisation d’un objet fini, un trophée et n’offre pas de perspective d’un travail psychique à l’extérieur. Le but est atteint, l’objet concret est finalisé, tout s’est passé en séance.

En art-thérapie, en revanche, les fins de séances constituent des ouvertures, des scansions. Elles sont des pauses, un repos ménagé pour régler le rythme marqué par le silence, une interruption dans la continuité. J’ai évoqué dans mon mémoire la coupure comme pulsation. Comme en musique ou en danse, la scansion va scander la cure en la divisant en phrases séparées par des pauses, des respirations. C’est elle qui va donner le rythme à la séance, avec un début et une fin, une ouverture et une fermeture, comme une pulsation, qui va terminer la séance, pour que cela se passe ailleurs pour le sujet et pas en séance justement. « La vraie vie est ailleurs. Ailleurs qu’en art-thérapie, bien-su^r, ailleurs qu’en institution, C’est ailleurs qu’est la vie...dans une autre tribu ! La tribu du sujet ! » (ROYOL, JP. (2013), « Au fil de l’éphémère », Dorval, P89). Accueillir l’autre c’est accueillir son rythme psychique, ne pas imposer le sien. C’est en introduisant une nouvelle rythmicité qu’on parvient à la poésie.

La médiation, un atelier avec un objet à réaliser

L’éphémère constitue également une différence notable entre la médiation artistique et l’art- thérapie. En art-thérapie, parler de l’objet éphémère : c’est montrer que cela se passe hors séance que rien n’est figé et que c’est le processus de bricolage qui est important et pas la finalité d’un objet terminé. En médiation, même si les travaux ne sont pas toujours conservés, il est souvent demandé au patient de créer quelque chose avec un processus de progression : un début et une fin. La fin du dispositif art-thérapeutique, elle, n’est pas prévue à l’avance. Elle s’insinue au cours de la séance et devient surprise à la fois pour l’art- thérapeute et le patient, même si c’est l’art-thérapeute qui en est à l’initiative. En Art-thérapie les points d’intensité du dispositif ne se situent pas en début ou fin de séance car là aussi cela rejoindrait la médiation artistique : une consigne en début de séance, un produit fini en fin de séance. Pas de progression donc dans un dispositif art-thérapeutique avec un début et une fin qui aboutiraient à un objet final en fin de séance, mais un processus rythmé par des scansions pour que le patient soit dans le mi-dire, le mi-faire mais pas inscrit dans un programme prévu avec des étapes logiques à franchir qui induiraient une direction à suivre, une technique à apprendre, une manière de faire à reproduire et qui seraient, de fait, du domaine de la médiation artistique.

L’ouverture du dispositif à « ça n’est pas figé » invite à bricoler un espace psychique possible ou` le « je » peut exister avec moins de souffrance sur la scène sociale. Les points d’intensité apparaissent donc comme inattendus, dispersés pendant la séance en introduisant des blancs, des silences, des aérations qui sont intenses psychiquement et peuvent ainsi scander différemment la séance de manière à ce que l’art-thérapeute se situe bien du côté du sujet de l’inconscient.

La médiation, avec l’attente qu’il se passe quelque chose en séance

L’art-thérapie se situe du côté de la latence, sans attente de la part de l’art-thérapeute mais avec des intentions. L’intention d’ouvrir un espace de créativité mais sans attente que le patient ne s’en saisisse. En médiation artistique, l’animateur d’atelier donne une consigne et attend que la personne réalise un objet.

Lorsqu’on propose un dispositif à un patient en art-thérapie, c’est une prise de risque. C’est bien cette faculté à prendre des risques qui pourrait amener le patient et l’art-thérapeute lui- même vers autre chose. Prendre le risque par exemple de terminer une séance à partir d’un mot, d’un geste pour permettre au patient de se dire hors séance. On engage quelque chose de soi qui nous échappe. On s’empêche de faire du dispositif un produit fini à l’intérieur de la séance mais quelque chose qui puisse s’affiner à l’extérieur, se réaliser. Nous rencontrons le patient à fleur de langage donc du côté de l’inconscient, de se qui échappe. Ce n’est possible que si le sujet ne sort pas de séance avec un objet, un trophée mais qu’il est pris par un souvenir volatile, une expérience passagère insoumise au temps puisque selon Freud, « l’inconscient ignore le temps ». L’art-thérapie fait avec le temps psychique, le Kai¨ros, comme la psychanalyse. La médiation artistique, elle, fait avec le temps chronologique, le Chronos : des séances fixes, un horaire respecté, pas d’imprévu dans la coupure de séance. C’est l’heure de fin du créneau horaire prévu ou la finalisation de l’objet qui déterminent la fin de séance.

En art-thérapie, on aménage des aires de repos, notamment pour les séances de groupe de manière à se laisser la possibilité de terminer la séance avant le temps imparti par l’institution pour un ou plusieurs patients. Cependant on veille aussi à respecter le temps chronologique imposé par l’institution puisque souvent l’art-thérapie est considérée comme étant une activité intégrée dans un planning. Des compromis donc pour pouvoir travailler en institution mais tout en respectant son éthique professionnelle qui est de ne pas coller justement au temps chronologique de cette même institution.

La médiation artistique et l’art-thérapie différentes et complémentaires

Il n’existe pas d’échelle de valeur dans mon propos sur la médiation et l’art-thérapie. L’une et l’autre peuvent et vont continuer à coexister en institution, elles sont différentes.

C’est a l’art-thérapeute de faire en sorte que l’art-thérapie ne soit pas confondue avec la médiation artistique comme c’est encore souvent le cas en institution.

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Manuel Perianez
à Paris

Psychanalyste classique au départ, je reçois depuis 1975 pour des séances respectant les règles de l’IPA, en Français, Espagnol et Néerlandais. Ma conception de la psychanalyse a un peu évolué : je me considère désormais comme un spécialiste de la soufrance psychique, capable de s'adapter à une grande diversité de situations... Je m’explique de tout cela sur la page "psychanalyse" de mon site web, qui contient également bon nombre d'articles de mon ancienne activité de chercheur en sciences humaines...

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