Certains réduisent la folie à un dysfonctionnement neuronal. D'autres n'y voient qu'un rapport de pouvoir. Dans un essai d'une grande finesse, Pierre-Henri Castel propose une troisième voie
Le dernier livre du philosophe et psychanalyste Pierre-Henri Castel inaugure une nouvelle collection aux éditions Ithaque, et ce à tous les sens du terme : il en constitue le premier ouvrage, mais l'on veut aussi penser qu'il saura lancer un nouveau style de philosophie de l'esprit en langue française. Au premier abord, pourtant, ce recueil d'essais intitulé L'Esprit malade ne semble que procéder à l'interminable élucidation d'une tautologie, que l'on pourrait ainsi résumer : dans la « maladie mentale », ce qui est malade... c'est le mental. Ou si l'on préfère, l'esprit. Une tautologie, certes, mais en rien une évidence.
Car cette thèse va à l'encontre de la position dominante dans les neurosciences, pour laquelle l'esprit n'est rien d'autre que l'ensemble des a...