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Lancé le 09/10/2008 à 14:40:34
Modifié le 29/10/2009 à 20:15:23
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ARTICLE du 09/10/2008 14:43:48   Votre famille va bien ???
                                                                                           
Dominique Anton - Praticien en Thérapie familiale -
                                                                           
01.75.43.90.03                                      http://antonpsy.com
                                                                            
Mon enfant va mal, je ne sais plus quoi faire…
Avez-vous penser à soignez votre famille… ?
Thérapie Familiale… chez vous ou chez moi… ?
 
 
Votre famille va bien ?
 
La famille, tout le monde en parle, elle est au premier plan des discours, en politique, dans le monde de l’éducation, en santé, chacun y va de son laïus, il faut…, nous devons…, ce serait important de…, et d’un seul mot l’amalgame est fait, une solution est trouvée pour les familles. Une réponse est donnée pour que cela aille mieux.
Nous entendons les mots qui disent aux familles quoi faire, comment agir et les problèmes disparaîtront.
C’est faire abstraction de la particularité de chaque famille, oublier que chacune a une histoire propre, un cheminement particulier.
On peut voir au travers d’émissions de réalité show, des « professionnels » qui comme par magie trouvent des solutions aux difficultés, ils arrivent en quelques jours à redresser la barre du navire qui semblait dériver au plus fort de la tempête.
Cela est très rassurant et tentant pour le public, mais qu’en est-il ensuite que deviennent ces familles vedettes… ??
La thérapie familiale reste, auprès du public comme des professionnels, encore mal connue. 
De nombreuses familles souffrent de divers maux, se sentent perdues, incomprises. Aimeraient bien faire quelque chose mais ne savent où s’adresser, tentatives de thérapies individuelles, rencontre avec des services sociaux, en parler avec son médecin généraliste, les instances éducatives.
Perdues, en quête d’un « miracle », les familles passent d’un professionnel à un autre, souvent menant un membre de la famille par la main lui faisant porter le lourd fardeau de la responsabilité.  
Elles ont oublié que les ressources pour changer sont en elles, qu’il suffit de se donner le temps, d’échanger, d’oser se dire.
Les mots pensés enfin verbalisés.
Il n’existe bien sur pas de réponse unique, pas plus que de magie dans la résolution d’une problématique posée par une famille.
Cependant la thérapie familiale peut aider à aborder tous les non dits ainsi que de retrouver un mode de communication qui convienne à tous, parents comme enfants, recréer la cohésion des rôles, des places de chacun, sans pour cela que l’un ou plusieurs membres de la famille ne se mettent en péril.
 
Thérapie familiale …. Pourquoi ?
 
Un grand nombre de difficultés psychologiques ne peuvent trouver leur résolution dans la seule prise en charge de la personne qui en manifeste l’état.
 
 
La thérapie familiale est basée sur le principe selon lequel le membre en souffrance fait partie d’une famille « troublée » dans son ensemble. Il est alors considéré par les thérapeutes familiaux comme étant le symptôme visible d’une famille « malade ». Car de tels troubles retentissent sur l’entourage familial, qui a souvent un rôle important dans leur existence même. Il est donc parfois nécessaire de prendre en charge toute la famille pour dénouer ces conflits.
C’est la fonction des thérapies familiales.
La thérapie familiale à domicile, n’est pas une pratique courante en France. Elle est cependant existante dans de nombreux pays.
Au Canada, il existe des thérapies au domicile depuis plusieurs décennies, en particulier autour des problèmes liés aux comportements alimentaires pathologiques (anorexie, boulimie…)
Au Japon, il est courant pour les professionnels de se rendre au domicile des familles dont l’un des membres (souvent les adolescents) pose un réel problème d’intégration sociale (refus de contact, marginalisation scolaire, isolement...)
Dans plusieurs pays d’Amérique Latine il est de pratique courante de rencontrer les familles chez elles, de travailler à la maison.
 
 
 
 
Le temps des mots
 
Les thérapies familiales sont très concrètes et travaillent dans le présent, le thérapeute observe les actions et réactions de chacun des membres de la famille ici et maintenant.
Cherchant ainsi à faire surgir les échanges pathogènes et rétablir par ces interventions ceux qui favorisent une communication saine et claire.
Etre dans la maison, donne de grandes informations immédiates sur l’état du système familial, la façon dont les membres de la famille s’installent dans la pièce choisie, la forme d’installation proposée, qui dit quoi à qui et comment.
Venir à la rencontre de la famille, être dans leurs murs, constater le malaise dans le lieu de vie, avoir cette confiance immédiate qui autorise le regard et la présence.
Une mine de détails qu’il est nécessaire de comprendre rapidement, d’utiliser, une source de renseignements immédiate.
 
 
 
 
 
Viens chez moi j’habite chez mes parents
 
 
Dans mon expérience de thérapeute familial, j’ai souvent constaté, combien la régularité des séances étaient souvent mises à rude épreuve par les incontournables impossibilités de venir aux rendez vous, pourtant programmés depuis au minimum trois semaines,ou l’absence d’un ou plusieurs membres de la famille à des moments clés de la thérapie.
Ce sont, bien sur, très souvent les enfants de la famille qui sont porteurs de ces impossibles présences aux dires des parents, ces jeunes ayant une vie sociale très chargée…
Sport, anniversaire, visite médicale, copains…. Etc.….
Alors la question s’est posée à moi comme une évidence, pourquoi ne pas aller vers les familles demandeuses si ces dernières ne peuvent venir à moi… ??
Cela ne s’est pas organisé en quelques jours mais après une longue réflexion théorique, pouvais je sans briser l’aspect thérapeutique de ces séances me rendre au sein du lieu de l’impossible rencontre….
Première rencontre
L’une de mes premières interventions à domicile, fait suite à une tentative de suicide par un adolescent. Chacun sait aujourd’hui que par cet acte, il essaie de faire passer un message et que celui ci se doit d’être entendu, car le plus grand risque autour de ce genre de passage à l’acte est le silence, entraînant ainsi la possibilité de récidive.
Mon intervention à domicile permit à l’adolescent de comprendre que son appel avait été entendu, que cette rencontre faisait qu’il pouvait plus facilement mettre des mots sur son mal être. Le fait qu’il ne soit pas « emmené » voir un thérapeute comme s’il était LE problème, mais que sa famille prenait le temps d’une rencontre avec un thérapeute à la maison, autorise un travail sur les dysfonctionnements au sein de la cellule familiale.
Ce travail autorisa chacun à exprimer ses difficultés et à gérer sa part de culpabilité, le dialogue se renoue, des passerelles de communication sont travaillées, les mots sont exprimés, la famille est renforcée.
Cette thérapie familiale à la maison, autorisa la réunion de l’ensemble des membres de la famille de façon régulière, ce qui n’arrivait pour ainsi dire plus. Chacun y fit part de ses sentiments, de son regard, des ses angoisses par rapport à ce geste, ce qui dédramatisa l’acte en lui-même tout en lui donnant un cadre d’expressions.
Mon objectif premier étant de créer un équilibre entre le silence et une expression excessive de l’acte. La maison, lieu de la tentative pour trouver la mort, devenait au travers de ces séances, l’endroit où la famille recréait sa vie.
 
 
 
 
Home sweet home……. ?
 
 
Ce sanctuaire familial jamais dévoilé dans la crise, lieu interdit, protégé par le silence, ne pas montrer, ne pas dire, ne pas entendre….
 
Bien sur, je pouvais penser que si les rendez vous n’étaient pas honorés cela avaient un sens, que la famille n’était pas prête, que ce n’était pas encore le temps des mots.
Cependant je ne pouvais rester sans me remémorer les premières rencontres déjà vécues, et combien elles avaient été révélatrices des difficultés relationnelles existantes et des différentes positions évoquées d’un désir de changement.
Je décidais donc de désacraliser l’endroit, de sortir des murs qui entourent le thérapeute et de proposer des rendez vous dans la maison malade.
Plusieurs points donnaient force à mon projet, le principal étant d’aller vers la problématique au sein du lieu de vie de la famille, mon objectif étant de recréer un espace de rencontre possible la même où plus rien n’est imaginé, pensé, parlé.
La maison de tous, celle qui est empreinte des conflits quotidiens, des impossibilités de se parler depuis de nombreux mois, cette douce demeure qui ne reflète plus que le non dialogue, le constat d’échec, le négatif, la souffrance, l'incompréhension….
Il était essentiel dans ma réflexion de créer une modification dans ce dysfonctionnement, autoriser les membres de la famille à se rencontrer à nouveau chez eux, dans l’échange et le partage de désirs communs. Pouvoir enfin se retrouver et aborder ce que chacun ressent de ses craintes, ses angoisses, ses envies…
Le possible et l’impossible, redonner à chacun une place qui lui revienne, ne plus laisser les mots qui agressent n’être que le seul mode d’échange.
Oser se dire l’indicible, où du moins ce qui est pensé comme tel…. Pouvoir être écouté, avoir des réponses, réorganiser là même où il était impossible de rester dans la même pièce plus que quelques secondes pour s’y croiser.
Se retrouver en famille pour se dire ou se redire.
Recréer l’échange à la maison, remettre dans cet espace l’envie d’y être bien.
 
Retrouver ce qui semblait ne plus exister, être de cette famille là, dans ce lieu là simplement.
 
 


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