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Difficultés d’affirmation
Se respecter comme personne humaine et se faire respecter dans nos relations interpersonnelles ou en situation de travail est un défi qui n’est pas spontanément à la portée de tous. Comme enfant nous avons souvent appris que pour avoir l’approbation et l’affection de nos proches, il valait mieux leur plaire et cela même souvent au détriment de nos propres besoins et intérêts. C’est ce qui se passe la plupart du temps dans une situation familiale à peu près normale. Que dire alors des capacités d’affirmation des gens qui ont connu des familles dysfonctionnelles ou la violence et les abus de toutes sortes faisaient partie du quotidien?
Apprendre à se redécouvrir comme personne à part entière, ayant des sensations, des émotions et des besoins apprendre à légitimer cette façon d’être soi-même, apprendre à s’exprimer de façon assumée dans ses interactions et interrelations voilà une démarche centrale à toute démarche thérapeutique.
Se guérir des manques, ou se libérer de ses parents
Peu de personne arrive à l’âge adulte en ayant un sentiment de parfaite satiété par rapport à la qualité d’amour reçu de ses parents. Pour d’autres, c’est l’envahissement de cet amour qui cause problème.
Dans les deux cas, il y a une forme de résolution à trouver, une autonomie à retrouver vis-à-vis de ses parents, parfois les deux. Cette résolution est importante également dans la mesure où l’on sera porté à répéter dans nos relations, les mêmes aspects transférentiels que nous avons eu avec nos parents.
Ainsi, dans le premier cas, si vous n’avez jamais eu l’importance et l’amour dont vous aviez besoin de la part de vos parents, il y a de grandes chances que vous adoptiez encore une position d’attente infantile envers vos partenaires amoureux ou dans vos relations importantes. Ce qui s’avère habituellement d’éternelles impasses, qui vous poussent à chercher sans fin le partenaire idéal qui sera enfin LA réponse tant attendue. Mais cette forme d’amour est un mythe, donc inatteignable.
Dans le deuxième cas, vous avez appris à aimer dans la fusion. Tôt ou tard, vous commencez à vous y sentir à l’étroit. Vous découvrez surtout à un moment donné que ce genre d’amour vous est donné, mais au prix de votre propre vie, dans la mesure où renier vos propres besoins peut correspondre en tout point aux attentes du parent aimé.
Difficultés de couple
Souvent dans les problématiques de couple, il y a un des partenaires qui est plus insatisfait que l’autre. Plusieurs réalités peuvent expliquer ces insatisfactions. Il arrive souvent par ailleurs, d’après mon expérience, que le plus insatisfait vit ainsi sa relation, parce qu’il se retrouve trop souvent dans une position d’attente par rapport à son conjoint. Il entretient l’illusion que, si son ou sa partenaire l’aimait vraiment, il serait prêt à tout faire pour lui ou elle, sans qu’il ou elle ait à faire connaître ses besoins et à s’en occuper vraiment. C’est à mon avis, un des noyaux les plus destructeurs de l’entente et de l’amour dans un couple.
Une des façons les plus importantes et les plus rentables pour résoudre ce genre de difficultés, c’est alors de sortir de sa passivité le conjoint insatisfait. Lorsque l’autre partenaire a déjà une assez bonne capacité de s’assumer, en aidant celui en attente à développer une plus grande autonomie, ça permet souvent d’atteindre une harmonie étonnante, et un niveau de satisfaction jamais atteint auparavant. Ce genre de cheminement peut se faire habituellement avec un seul des partenaires, le plus insatisfait des deux, mais aussi bien sûr le plus ouvert à cheminer.
Rupture de couple
Une rupture dans un couple, laisse souvent celui qui se fait abandonner dans un état de détresse très grand pouvant aller même parfois jusqu’au suicide.
Il est alors bien important de permettre à cette personne de vivre à fond sa souffrance, sa peine. C’est en accordant toute l’importance qu’elles méritent à ces émotions, qu’il deviendra alors possible d’identifier avec quels manques importants la personne concernée est mise en contact.
Souvent, c’est le besoin d’être importante aux yeux de la personne qui abandonne qui est touchée, peu importe parfois même si la relation était vraiment satisfaisante. C’est aussi souvent parce que l’on perd par cette rupture, l’occasion de répondre un jour à ce besoin.
Dépression majeure
Etre en dépression, si on fait exception parfois de quelques prédispositions naturelles (tempérament) ou héréditaires (parent dépressif et influence du milieu familial) relève d’un état de déficit énergétique important. Ce qui implique donc, qu’une personne s’est épuisée à donner , sans s’occuper de façon satisfaisante à refaire le plein de son énergie en répondant à ses divers besoins d’ordre physique, affectif et intellectuel. Les non-dits ou secrets de famille peuvent constituer la trame de cette souffrance.
Le but, dans une problématique semblable, est d’identifier quelles sont les causes de ce déficit. Il arrive fréquemment qu’une tendance au perfectionnisme à l’extrême et une grande insécurité par rapport à ses propres compétences soit à l’origine d’un tel surinvestissement. La mise à jour du secret de famille libère l’inconscient du lourd fardeau transgénérationnel.
Il s’agira donc d’apprendre à cette personne à accorder plus d’attention à ses propres besoins et ainsi arriver à développer une plus grande assurance personnelle, en la libérant du poids des générations antérieures et de la loyauté familiale imposée.
Troubles anxieux
Les troubles anxieux de toutes sortes tels, attaques de panique, anxiété, phobies, angoisse, sont particulièrement évocateurs de symptômes d’évitement. Ces personnes ont habituellement très peur de leurs émotions, de leur intensité. Ils craignent particulièrement de souffrir et perçoivent leurs émotions de peine ou de colère comme non appropriées. Ils n’en voient pas l’utilité.
Il est alors important d’amener la personne à comprendre ce qui se passe et à apprivoiser la situation ou l’expérience qui les fait fuir ainsi. Ils ont avantage à découvrir la pertinence de leurs émotions et à apprendre à s’en servir.
Abus sexuels ou inceste
Les personnes qui ont été victimes d’abus sexuels ou d’inceste, sont particulièrement hypothéquées face à leur estime personnelle et à leur capacité d’assumer la responsabilité de leur propre vie. Reprendre ce pouvoir sur eux, qu’ils ont laissé trop souvent ou trop longtemps à quelqu’un d’autre est un défi de taille à surmonter.
Reprendre confiance dans les êtres humains, soit les hommes (plus souvent abuseurs) lorsqu’un proche, un père, un frère, un grand-père ou un professeur se sont servis d’eux, comme si ils étaient « leur chose» au détriment de leurs besoins les plus vitaux et légitimes, ça ne s’atteint pas rapidement et simplement.
Ses souvenirs qui ont été souvent enfouis très loin dans la mémoire, quand ils n’ont pas été complètement obnubilés. Se permettre de prendre contact avec les émotions vécues alors et maintenant, identifier plus clairement les blessures encourues Face à une telle expérience, il est d’abord important de pouvoir ouvrir sur ces. Dénoncer ces comportements d’abus de la façon qui convient à l’abusé est une étape importante dans la reconstruction de son moi, de son estime personnelle.
L’incestuel
La constatation qui s’impose lors de l’audition des victimes d’inceste, c’est de constater que l’incestuel est également très fréquent dans ces familles, voire indissociable et que le tissu familial forme une trame où inceste et incestuel sont étroitement intriqués.
L’incestuel est défini comme équivalent incestueux, il met en évidence un fonctionnement mental, complètement centré sur l’agir et le faire agir. L’incestuel condense la séduction narcissique et la séduction sexuelle, il s’origine dans un cadre familial qui nie la différence des sexes et des générations de même que la fonction paternelle. Il s’exprime dans un effacement des limites et peut désigner un climat familial pervers où l’enfant n’a pas statut de personne mais a statut d’instrument au service du narcissisme des parents.
L’incestuel selon Racamier est ce qui dans la vie psychique individuelle et familiale porte l’empreinte de l’inceste non fantasmé sans qu’il soit nécessairement accompli les formes génitales. »
Difficultés d’adaptation
La vie nous confronte parfois à des épreuves de taille. Les simples « épreuves» d’une vie normale, lorsqu’elles se présentent dans une séquence trop intense sont à l’origine de beaucoup de stress. Elles requièrent beaucoup d’énergie puisqu’il s’agit de développer de nouveaux comportements, de nouvelles façons de faire face à sa réalité. Il devient alors dangereux de s’épuiser, de déprimer ou de se décourager.
Dans des situations semblables, telles par exemple l’arrivée d’un nouveau-né, un changement d’emploi, un deuil, une séparation, un accident grave, il devient particulièrement important d’être très attentif à ses besoins et respectueux de ses limites. Faire place aux émotions que suscitent ces expériences, est également une façon de se libérer de trop fortes tensions.
La psychothérapie, lorsqu’elle s’impose, devient donc un endroit où la personne peut apprendre à s’occuper de ses besoins et à exprimer les émotions trop intenses que les proches ne sont pas toujours prêts à accueillir, et ceci sans peur du jugement.
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