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Éclairer l'interprétation
des rêves. Avoir un autre
regard sur les rêves

Lancé le 04/12/2008 à 16:18:50
Modifié le 09/02/2009 à 14:44:22
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ARTICLE du 09/02/2009 14:44:22   Le Songe de Jacob

Le songe de Jacob

 

La Bible est le livre de la vie humaine, trop humaine, en quête de l’éternel, de l’éternité, d’un état de sérénité à partir de ce permanent état de dualité dans laquelle elle se débat…

Loin des images d’Epinal des catéchismes d’antan, elle nous plonge dans les abysses des turpitudes humaines autant qu’elle exalte la grandeur d’âme, l’intelligence de cœur d’hommes et de femmes hors du  commun. Livre sacré ? Livre dit sacré serait plus juste. Qui pourrait le décréter sacré pour prôner le meurtre en série comme dans le livre de Josué, l’adultère de David et Bethsabée dans celui de Samuel, le vol à la fin des Actes des Apôtres ? Abraham s’initie au proxénétisme et prostitue à deux reprises sa femme Sarah ; Léa achète à Rachel le droit de coucher avec son mari en échange de mandragores hallucinogènes. Le lévite d’Ephraïm  découpe en douze morceaux sa concubine dont les vauriens du coin ont abusé. Le roi David fait tuer le mari gênant  de sa bien-aimée… Il faut vraiment être assuré de sa divinité pour se permettre une telle transparence. Les livres sacrés, dits sacrés, peuvent choquer nos façons de penser et leurs principaux détracteurs ne manquent pas d’arguments pour démontrer leur nature contradictoire, voire perverse. Ils n’ont pas tort. Mais, les plus  grands philosophes, juifs, chrétiens, coraniques, estiment depuis toujours que la notion de l’homme dépasse toutes les notions religieuses et les sages, dans une belle unanimité, placent l’homme au centre du monde.

 

Selon la tradition juive, un songe non interprété est comme un lettre non décachetée, mais la symbolique des rêves qui jalonnent la Bible nous laisse un arrière-goût d’hermétisme. Un des premiers songes, si ce n’est le premier, est celui de Jacob. Ravivons la toile de fond, plutôt amusante, sur laquelle il se détache. Un soir, Jacob prépare la soupe. Son frère Esaü revient de la campagne et lui demande de cette soupe. Jacob : « Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse. » Esaü : « Si je meurs, à quoi me servira ce droit ? »Jacob : « Jure d’abord. » Esaü jure et vend son droit d’aînesse à Jacob contre du potage de lentilles…

Jacob a exploité la fatigue et la naïveté de son aîné, il ne semble trouver sa place qu’en “roulant” les autres : les débuts de l’élu ne sont pas reluisants ! Récidiviste impénitent, il usurpe la bénédiction de son père sur son lit de mort par un subterfuge lui laissant croire qu’il est son frère. Mais, devant la colère de ce dernier, Jacob doit fuir. Il se dirige vers la Mésopotamie de ses ancêtres et où il a encore de la famille. Le songe survient à ce moment-là.

Il eut un songe : « Une échelle était dressée de la terre au ciel et des anges de Dieu y montaient et en descendaient. Et voilà que Yahvé se tenait devant lui et lui disait : « Je suis Yahvé, le Dieu d’Abraham ton ancêtre, et le Dieu d’Isaac. Je te donne à toi et à ta descendance la terre sur laquelle tu es couché. Tes descendants deviendront nombreux comme la poussière du sol. Ta famille débordera à l’ouest et à l’est, au sud et au nord, et tous les clans de la terre se réclameront de toi pour être bénis. Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce pays, car je ne t’abandonnerai pas aussi longtemps que je n’aurai pas fait ce que je t’ai promis »… Levé de bon matin, il prit la pierre qui lui avait servi d’oreiller, la dressa comme une stèle et répandit l’huile sur son sommet. Il donna le nom de Béthel à ce lieu. Mais la ville s’appelait auparavant Luz. »

Jacob fait ce vœu : « Si Dieu est avec moi et me garde, s’il me donne du pain et des habits, si je reviens sain et sauf chez mon père, le Seigneur sera mon Dieu et cette pierre que j’ai dressée comme une stèle sera une maison de Dieu. Je lui donnerai fidèlement le dixième de mes biens. » La mentalité de Jacob reste opportuniste. Et puisque chacun de nos actes nous est un jour renvoyé, il est roulé à son tour par son beau-père : arrivé chez son lointain parent Laban dont il souhaite épouser la seconde fille Rachel, Laban lui fait épouser l’aînée, Léa, avant de lui permettre de se marier à celle qu’il préfère. Devenu à son tour riche et puissant, Jacob repart vers Canaan avec sa famille et ses biens. Arrivé au torrent du Yabbok, qui marque la frontière, il rencontre un adversaire mystérieux.

« Et quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il n’arrivait pas à l’emporter, ce personnage le frappa à la jointure de la hanche, et la hanche de Jacob se remit pendant le combat. L’autre dit : « Lâche-moi, car l’aurore se lève. »

Mais Jacob lui demanda : « Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m’auras pas béni. »

L’autre lui demanda : « Quel est ton nom ? »

« Jacob », répondit-il.

L’autre reprit : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et les hommes et tu l’as emporté. »

Jacob lui demanda : « Je t’en prie, révèle-moi ton nom. »

Mais l’autre répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et, là même, il le bénit.

Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, « car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve » (…)

Jacob leva les yeux et vit qu’Esaü arrivait accompagné de quatre cent hommes (…) Il se prosterna sept fois par terre avant d’aborder son frère. Mais Esaü, courant à sa rencontre, le prit dans ses bras, se jeta à son cou et l’embrassa en pleurant.

Au tournant de sa vie, Jacob, quia  toujours gagné par ruse, voit soudain sa belle construction s’effondrer. L’étrange combat, qu’il tente de gagner en s’emparant du nom de son adversaire (ce qui était considéré comme une manière de le tenir à sa merci), est une lutte avec Yahvé et ce n’est que lorsqu’il consent à n’être qu’un pauvre homme qu’il sort vainqueur. Il est cependant transformé, marqué pour toujours par l’expérience (il boite). C’est un nouveau départ (son nom est changé) et il peut enfin s’entendre avec son frère. Ainsi, le peuple d’Israël est-il appelé à retrouver la fraternité de tous les hommes. »

 

Quelle est donc la symbolique de ce merveilleux songe effectué par Jacob du temps de son immense orgueil ? les tentatives de lecture psychanalytique de la Bible ne se sont guère intéressées aux rêves, en raison peut-être des difficultés innombrables. Voici néanmoins l’une d’elles, rapportée dans le supplément au Dictionnaire de la Bible. L’épisode de Béthel apparaît comme un événement initiatique où le héros reçoit en don la révélation de ce qu’il a de plus secret en lui. Le ciel et la terre symbolisent le père et la mère, unis par l’escalier dressé dans un mouvement rythmé de montée et de descente ; et l’onction de la stèle délivre rituellement le héros de son désir incestueux…

 

D’un autre point de vue, le songe de Jacob est sans doute marqué par le souvenir des Ziggourats, les tours des sanctuaires de Babylone dont les escaliers étaient censés conduire au ciel.

 

« Nous sommes enclins à considérer que le double mouvement des anges sur l’échelle est celui de la pensée humaine et de ses rapports avec le divin, pensée qui balaie l’espace intermédiaire et angélique qui les sépare, par la voie du rêve ou de la vision : c’est le mode de transmission de la connaissance du divin. »                            Albert Soued

 

L’alliance établie entre Yahvé et Abraham se poursuit : Jacob hérite de la promesse. Mais la symbolique du songe de Jacob, c’est la rêverie,  il voulait changer une manière de penser en une nouvelle façon d’être. Jacob était tout-puissant mais sentait ses fragilités. Un dicton actuel, en vogue chez les intermittents du spectacle, l’exprime ainsi : « Respecte ceux que tu dépasses dans ton ascension car tu les croiseras un jour lors de ta descente. » Et c’est tout aussi vrai pour nous tous, intermittents de la vie.

Mais, prendre soin du plus faible était une idée révolutionnaire : à certaines époques, il était d’usage d’étriper un sujet malade. On pouvait aussi le précipiter du haut d’une roche ou lui asséner la « clef des songes », hachette propre à fendre le crâne  qui assurait des songes éternels en prodiguant l’illumination immédiate ! Jacob était un philosophe, un humaniste, dont le message consistait à dire : « Respectons les plus fragiles, ils font partie intégrante de nous. LA richesse du cœur fait de nous des hommes. Respectons chacun. Donnons-leur les moyens d’être et de subsister. » Il remettait ainsi en lumière certains principes de l’éducation égyptienne.

Des millénaires plus tard, avons-nous beaucoup évolué ? N’avons-nous pas échappé de peu eu lebensborne (fontaines de vie) nazies dont le but était de créer une “super race” ? Plus récemment, une banque de sperme provenant d’hommes “supérieurs”, voire de prix Nobel, a fait la fortune d’individus mercantiles et de femmes soucieuses de s’assurer artificiellement une belle et bonne progéniture… Ce souci de conserver les meilleurs gènes -qu’on brevète avec soin, histoire d’hypothéquer le vivant à des fins qu’on n’ose imaginer- ne sont-ils pas les formes subtiles et innovantes d’un eugénisme masqué sous les meilleures raisons du monde, avec estampille scientifique ? Un savant se vend bien ! Jacob est celui qui engendre et a réussi. Celui qui a affronté Yahvé et a perdu. Jacob, vaincu, engendre Job. En apparence distinct, c’est pourtant le même livre. Le livre de Job conte les différentes époques et les différentes sagesses répertoriées sous nom d’un seul homme. La tradition orale, écrite, réécrite, y est assemblée avec toutes ses nuances. Précurseur d’un monde de respect, Jacob, bien avant Yesous, annonçait la force de l’Amour pour terrasser les instincts et faire naître une humanité où l’entraide serait reine.

Le Songe de Jacob
Le Songe de Jacob
Le Songe de Jacob
Le Songe de Jacob


ARTICLE du 05/12/2008 16:04:24   Comment décrypter nos rêves ?

La maladie est une rupture de la relation avec soi-même, les autres et l'Inconnu

 

Depuis la nuit des temps chaque civilisation, chaque peuple, chaque être a tenté de les appréhender et de les comprendre, à sa façon particulière, inédite. II suffit de lire les innombrables traités et clefs des songes qui leur ont été consacrés depuis des millénaires pour s'en convaincre. Utiliser les rêves peut nous permettre de progresser dans la résolution de nombreux problèmes, notamment de santé. Encore faut-il savoir comment s'y prendre. Nous avons demandé à Christine Herzog de nous aider à traduire nos rêves en toute lucidité.

A son époque, Hippocrate y voyait un signal clinique, un message adressé au médecin parle corps malade. Dans l'Antiquité, il existait déjà un enseignement de l'interprétation des rêves qui permettait de déchiffrer, d'écouter ces messages. II a disparu, discrédité par Aristote, puis interdit par l'Église catholique.

Que sont les rêves ? A quoi servent-ils ? Ce sont des matériaux nécessaires à la vie, émis pour les besoins primordiaux de chaque individu. Ce sont donc des signatures de chacun, dans l'instant d'émission. II est strictement impossible d'édicter des lois, de donner une recette ou de stimuler une démarche concernant le domaine onirique. Tout ce que l'on peut dire est qu'ils sont essentiels à la vie et à la construction de l'être.

 

Trouver la clé pour sortir du labyrinthe

 

Le Pr Jouvet neurobiologiste lyonnais, l'a très bien exprimé dans un récent article du Nouvel Observateur : "Le rêve sert non seulement à l'entretien de la machine ruais à préparer la journée du lendemain." En effet, durant le sommeil profond, l'homme se prépare à réagréger, à regrillager sa structure génétique et atomique. II se met donc dans la disposition de lui-même.

J'ouvre au hasard la Clef des songes, un ouvrage magistral d'Artémidore[1] d'Éphèse. Cette clef des songes date du deuxième siècle. Artémidore, très connu en son temps, avait voyagé, recherché, compulsé, critiqué selon l'usage en cours ses devanciers, et rédigé cette clef des songes. Pages 148 et 149, la lune signifie "la femme du songeur et sa mère, mais aussi sa fille et sa sueur, car elle passe pour nourricière. La navigation, car c'est d'après elle que les pilotes se dirigent en mer. Un voyage, car elle est en mouvement. Les yeux du songeur, car elle est cause du fait de voir, et des maîtres féminins, car les déesses ont rapport avec les maîtres féminins. C'est aussi le reflet du soleil".

Sur le thème de la lune on trouve encore une dizaine d'interprétations supplémentaires suivant qu'on aperçoit le visage du rêveur ou de la rêveuse et à quel endroit. On voit donc, déjà à cette époque, des interprétations sélectives selon le sexe, selon le métier, selon la physiologie du sujet. On ne retrouve pas toujours autant de nuances dans les clefs des songes actuelles, loin de là.

L'art de décrire un rêve est donc d'abord l'art de comprendre la personne elle-même, puis d'essayer de "s'inhiber", de s'imbiber de l'ensemble de ses désirs. A travers cette osmose, il faut tenter de comprendre le déroulement du labyrinthe personnel du consultant pour approcher la lecture à des niveaux différents. En effet, nous pouvons considérer qu'il y a un certain nombre de niveaux et que nous pouvons les classer en deux catégories particulières : les rêves "prémonitoires" et les rêves "non prémonitoires".

 

Les rêves prémonitoires

 

II y aura une prémonition, non pas de l'avenir mais des événements qui sont en cours de réalisation et dont la racine est prise dans les instants passés. C'est cela un rêve prémonitoire. Ce n'est pas un rêve du futur. En effet, le futur n'est pas lisible par nous, il l'est seulement par Yahvé ou Allah ou Dieu le Père, selon les croyances de chacun. Ci laque individu, à tout instant, a la liberté de son choix.

Je recevais une petite fille de treize ans qui portait les problèmes parentaux malgré son jeune âge. Je la connaissais donc depuis quelque temps, lorsque son père se pendit. Elle était juste rentrée de l'école et elle avait donc entendu tomber le tabouret sur lequel il était monté. Un bruit qu'elle ne serait pas prête d'oublier! Je la reçus quelques jours après le drame. Plusieurs mois auparavant, elle avait effectué le rêve de la pendaison de son père et elle me demanda ce que j'en pensais. Je lui répondis que son rêve lui dessinait, en quelque sorte, une tendance qu'avait son père, pour la préparer éventuellement à un événement similaire et que cela ne signifiait pas que la pendaison était inéluctable. Le rêve est donc plus souvent un avertissement, ce n'est jamais une prédiction du futur.

 

Les rêves non prémonitoires

 

II y a les cauchemars intégrant la structure physiologique et spirituelle de l'individu. Les rêves sont des seings, des signatures, des marques de fabrique. Au travers de ces dernières, on remarque les attitudes, les étapes du rêveur, ses propres maux et l'évolution de ses maux.

Il est vrai que nous sommes tellement habitués à nos rêves que nul n'y prête attention ! Eh bien, conventionnellement, nous avons la possibilité, l'usage de pouvoir "sentir" et "ressentir" les ébauches et les attitudes du sujet dans sa manière d'être. Vos rêves vous ressemblent, et vous ressemblez à vos rêves !

Surtout ne vous épuisez pas à porter un jugement qui engendre le plus souvent des erreurs qui pourraient être malencontreuses. Par contre, à travers eux, on peut repérer les mal-être, ou les maladresses des sujets. Les rêves sont donc comme des seings qui nous donnent certaines couvertures, certains renseignements. Ils apportent donc une définition de notre personnalité, de nos tendances, de nos travers et de nos goûts, comme notre écriture, nos signatures.

 

L'aide du thérapeute est primordiale

 

Ceux qui travaillent beaucoup rêvent très peu. Et l'image d'un père suroccupé, qu'il soit virtuose du piano ou d'une technique, peut engendrer, à la première ou à la deuxième génération, un refus de travail sous forme de dilettantisme voire de marginalisation.

J'ai en souvenir l'histoire d'un PDG de forte stature qui partait pour toutes les croisades, récriminant souvent contre les excès de la religion et les religieux qu'il côtoyait dans sa famille. Âgé d'une soixantaine d'années, c'était un homme équilibré, généreux. Il était lui-même très maternant, donnant le sein à droite et à gauche. II avait eu, à l'époque où je le recevais, un rêve choc : "La fête aux serpents. Je prépare une fête avec ma famille et mes amis. Je prépare à boire en versant de l'eau de rosée dans un aquarium en verre où tout le monde pourra se servir. L'aquarium est presque plein. J'aperçois alors qu'il y a deux serpents au fond : un jaune et un noir. Je pense que ce n'est pas bien grave, et quand je reviens ils se sont multipliés. Encore un peu de temps et les têtes de serpents jaunes grouillent de partout. Il faut absolument que je trouve une faucille pour leur couper la tête au fur et à mesure qu'elles sortent de l'aquarium. Je me réveille l'angoisse à la gorge."

Le rêve évoque clairement ce fait qu'il abreuve nombre de gens autour de lui (l'enfer est pavé de bonnes intentions). Ses pensées apparemment positives, lumineuses, deviennent très piquantes finissent A tel point que cela aura pour effet d'engendrer un goitre. Il adonné autour de lui sans compter. Certains de ses enfants en ont profité et il n'a pas su discerner celui qui savait travailler des autres. Faute d'avoir écouté les conseils de son rêve, l'entreprise est donc allée à "vau-l'eau". II s'est donc trouvé étouffé financièrement, psychologiquement, puis physiquement par son goitre plongeant dans le médiastin.

Ces marques indélébiles tournent dans l'esprit et sont tournées, retournées pour finir totalement détournées de leur véritable sens. Chacun les traduit en cauchemars ou en fantasmes. La primarité amène la précarité et enferme totalement dans un labyrinthe dont on ne peut plus sortir, car alors ces impressions plus ou moins cachées s'enferment pour détruire la seule chance qui permettrait de faire revivre et de vivifier la vie.

Le thérapeute, le psychanalyste, est là pour tirer les sonnettes d'alarme ou le tocsin si vous préférez, afin d'activer la résonance du sujet avec lui-même. Ainsi on peut voir que ses images cauchemardesques ou fantasmatiques croissent sans crainte d'être déstabilisées. Par conséquent, elles induisent une évolution sectaire quine peut conduire qu'à vivre des avatars. II faut avoir la connaissance du coeur pour pouvoir faire comprendre que l'homme a non seulement deux jambes et deux bras mais qu'il doit pouvoir harmoniser sa pensée et son coeur, son passé et son présent. De la sorte, il peut être en mesure d'effacer définitivement des emprunts et des empreintes mal comprises, afin de cheminer vers son devenir.

 

Le rêve peut vous blesser, il peut être le guérisseur ou le médecin

 

Vos rêves, les rêves, sont des sécrétions mentales, tant du conscient que du subconscient, nécessaires à l'épanouissement de l'homme même si ils sont cauchemardesques. Ils permettent d'évacuer certaines pulsions, certaines tensions, certaines agressions et de les transformer soit par bribes en un fantasme exagéré soit en un contrôle intelligent de soi-même.

 

Les rêves doivent vous permettre de vous réaliser.

 

II m'est arrivé dans des cas très difficiles, étant dans une impasse, que des rêves me donnent une solution. Pour déterminer, par exemple, l'origine d'un autisme afin de pouvoir le prendre en charge.

Mais n'imaginez surtout pas que le rêve va vous donner une information sur votre voisin, votre compagne ou votre famille. Si d'aventure il arrivait que le rêve donne un éclairage apparent sur lui, ce ne sera pas son état qui sera donné mais l'état de l'échange que vous allez faire avec lui et qui sera une résonance.

Le rêve ne va vous donner l'information que sur votre être intérieur ou sur l'extérieur de vous-même, ni plus ni moins.

 

Le rêve a été source d'inspiration pour nombre de créateurs ou de scientifiques

 

Lorsque Haendel composa son Messie, il fut un jour à court d'inspiration. En rêve, il entendit le choeur final de son Oratorio si clairement qu'il n'eut qu'à le transcrire au réveil.

Niels Bohr, le grand savant connu pour la théorie qui porte son nom et traite des activités de l'atome, eut un rêve étrange alors qu'il était étudiant. II cherchait depuis longtemps la solution d'un problème, il s'endormit et se vit transporté sur le soleil de gaz brûlant, d'où il pouvait observer la terre. Des planètes passaient en sifflant devant le soleil. Elles étaient reliées à celui-ci par de minces filaments et tournaient tout autour. Soudain, le gaz sur lequel il croyait être se solidifia et le soleil et les planètes se réduisirent. Les planètes tournaient autour du soleil à une vitesse effrénée. Niels Bohr se réveilla à ce moment et eut conscience d'avoir découvert en rêve le modèle de l'atome tant cherché. Le "soleil" était le point fixe autour duquel les électrons tournoyaient à une vitesse prodigieuse. C'est ainsi que ce savant célèbre décrivit sa découverte dans son traité.

La vie est un rêve sans sommeil.

Christine HERZOG

 

Article paru dans Vous et votre santé Janvier 1999

[1] Artémidore, la Clé des songes, traduction de A. J. Festugière, librairie philosophique J. Vrin, 1975.



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